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Présence Autochtone


Une mémoire millénaire inscrite dans un territoire... Une carte datant de 1901 nous indique que presque tous les noms de lieux étaient amérindiens et que la ligne de partage des eaux marquait clairement les délimitations entre l'Outaouais Supérieur (le Témiscamingue) et le territoire de l'Abitibi (récemment annexé au Québec, en 1898). Ainsi, la zone de Val-d'Or était alors désignée comme «le Kienawisik», du nom algonquin initialement donné au lac De Montigny, et qui signifiait «détour» ou «portage».

Les textes présentés dans cette page sont extraits de l’exposition Asshumii présentée au Centre d’exposition de Val-d’Or.

Une mémoire millénaire inscrite dans un territoire

 

Avec le parachèvement, en 1913, de la construction du chemin de fer Transconti-nental, qui traverse de part en part le territoire abitibien, de La Sarre à Senneterre en passant par Amos, s'amorce la colonisation agricole, forestière et minière de l'Abitibi. Peu à peu, les noms algonquins des lacs de la région de Val-d'Or cèdent la place à des appellations d'origine française ou anglaise.  

Heureusement, certains noms de lieu en langue algonquine ont été conservés, tels le lac Matchi-Manitou, la localité d'Obaska, les rivières Harricana et des Outaouais, et surtout le nom des deux grands lacs qui maintenant désignent l'ensemble de notre région: l'Abitibi et le Témiscamingue.

L'établissement du premier poste de traite au Grand-Lac-Victoria date de 1785.

Près d'un siècle plus tard, soit en 1863, les missionnaires Oblats font construire l'église Sainte-Clothilde de Kitcisakik. Ce bâtiment est le plus ancien de tout le patrimoine architectural du territoire de l'Abitibi.  Il est à noter que l'Abitibi est partie intégrante des Territoires du Nord-Ouest jusqu'en 1898.

 

Des Anicinabek pionniers de l'industrie minière

Tous les récits faits par les pionniers de la prospection le confirment: les Algonquins ont pris une part active et essentielle dans l'essor d'une industrie minière en Abitibi. Non seulement à titre de guides, mais aussi comme prospec¬teurs, comme foreurs, comme jalonneurs et coupeurs de ligne, et même comme découvreurs d'importants gisements.

C'est ainsi qu'en 1923 l'Algonquin Gabriel Commanda  découvre, en compagnie de Robert Clark, le gisement de la mine Lamaque, qui deviendra le plus gros producteur d'or du Québec.

Prospecteur, trappeur et guide, garde-forestier et garde-chasse, Commanda séjourna sur les bords de la rivière Bourlamaque et sur la rive sud du lac Blouin. La Source Gabriel rappelle son nom et la 3e Avenue, à Val-d'Or, emprunte en bonne partie le tracé de son ancienne “trail”.

 

Un territoire chambardé

Lorsque Val-d'Or est municipalisée, le 15 août 1935, c'est une ville grouillante de vie et qui connaît une expansion fulgurante. Ce nouveau pôle économique attire. Val-d'Or est de plus en plus fréquentée par les Autochtones du Lac-Simon, du Grand-Lac-Victoria et du Lac-Rapide, sans compter ceux qui habitent le long de l'Harricana.

Le mode de vie traditionnel des Amérindiens de l'Abitibi a été fortement perturbé par l'arrivée du chemin de fer et la construction de routes, puis par l'expansion des industries forestières et minières. Les Autochtones ont vu les territoires de chasse et de pêche qui assuraient leur survie se rétrécir d'année en année.

Jusqu’à ce jour le territoire des Algonquins n’a jamais fait l’objet d’un traité, et le titre autochtone et les droits des Algonquins n’ont jamais été éteints par les gouvernements provinciaux et fédéraux.

 

 

L'impact des pensionnats

 Le gouvernement fédéral achète, en 1951, la ferme Blais de Saint-Marc-de-Figuery, sur les bords de la rivière Harricana, dans l'intention d'y installer une ferme-école pour jeunes Amérindiens. Pris en charge par les Pères Oblats et par les Soeurs de Saint-François d'Assise, le pensionnat ouvre en 1954, et ne fermera qu'en 1973.  Le Pensionnat indien d'Amos accueille, dès l'âge de cinq ans, de jeunes pensionnaires arrachés à leurs familles dans les communautés d'Obedjiwan, de Lac-Simon, du Grand-Lac-Victoria, d'Amos et de Low Bush, non loin de La Reine.

L'impact des pensionnats sur les communautés autochtones fut parfois dévastateur, comme en fait foi cette citation de l'ancien chef algonquin Richard Kistabish. « Avant, alors que nos parents vivaient de façon nomade, il se faisaient des contacts et des amis un peu partout à travers leurs déplacements. Mon père échangeait de l'esturgeon contre de la farine et du sucre avec les colons de Guyenne. Les relations étaient alors d'égal à égal. Les réserves ont mené à l'isolement des Algonquins et à la rupture des relations. L'époque des pensionnats, douloureuse pour plusieurs, a fait germer des graines de haine dans le cœur de ceux qui l'ont vécue. » Richard Kistabish, La jeune histoire de Val-d'Or

Le réveil amérindien

La création des réserves de Lac-Rapide, Lac-Simon et Kipawa date respectivement de 1961, 1962 et 1973. Cependant, la 3e tentative du gouvernement fédéral de mettre les Algonquins de Kitcisakik (Grand-Lac-Victoria) en réserve est un échec cuisant.  

En 1960, c'est le réveil amérindien, c'est la revendication du respect et de la reconnaissance des pleins droits pour les Premières Nations.  

Chargé de superviser la mise en œuvre de la Convention de la baie james et du nord du Québec, le grand Conseil des Cris (du Québec) installe ses quartiers généraux à Val-d’Or en 1975. Le choix de Val-d’Or est un accident historique et géographique. À la même période, les Algonquins installent leur conseil tribal au cœur de Val-d’Or.

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