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Itinérance


Bien que le phénomène de l’itinérance à Val-d’Or ne date pas d’hier – la Maison d’hébergement La Piaule a été fondée en 1984 pour s’attaquer à ce problème – la situation semble s’être détériorée au cours des dernières années, d’abord et avant tout pour les personnes sans-abri, mais aussi pour le reste de la communauté qui vit parfois certains contrecoups de l’augmentation du nombre de personnes vivant dans la rue avec des problèmes de consommation ou encore de santé mentale.

Nous vous présentons ici un portrait de l’itinérance à Val-d’Or, un aperçu des services offerts et une liste de recours s’offrant aux gens confrontés à des enjeux de sécurité ou de salubrité liés au phénomène d’itinérance au centre-ville.

Itinérance : de quoi parle-t-on?

Selon la Politique nationale de lutte à l’itinérance du gouvernement du Québec, l’itinérance présente toutes sortes de facettes dont il faut tenir compte. Bien sûr, elle correspond au fait de ne pas avoir de domicile stable, mais elle s’accompagne aussi d’une sorte de marginalisation, de coupure par rapport au reste de la communauté et des services qui y sont offerts. Par ailleurs, l’itinérance peut être causée par des facteurs propres à la personne (santé mentale, historique familial, perte d’emploi, toxicomanie, etc.), mais aussi par d’autres qui sont d’ordres sociaux (rareté de logements, pandémie, discrimination, etc.).Bref, c’est une situation complexe à laquelle on ne peut appliquer de solution unique.

L’itinérance est rarement le seul problème vécu par une personne. Elle s’accompagne souvent de l’une ou de plusieurs des situations suivantes :

  • Problèmes de santé mentale;
  • Toxicomanie (drogues et/ou alcool);
  • Difficulté à trouver ou à garder un logement;
  • Traumatismes intergénérationnels;
  • Contrecoups de la COVID-19;
  • Violence physique, psychologique ou sexuelle.

Le gouvernement du Québec, sur son site Web, fait la distinction entre trois types d’itinérances :

  • L’itinérance situationnelle : « situation des personnes qui sont temporairement sans logement mais qui parviennent à en retrouver un après avoir vécu un certain temps sans abri. C’est le type d’itinérance le plus fréquent. »
  • L’itinérance cyclique : « situation des personnes qui alternent entre des périodes où elles ont un logement et d’autres où elles vivent dans la rue. »
  • L’itinérance chronique : « situation des personnes qui n’ont pas occupé un logement depuis une longue période. C’est la forme d’itinérance la plus visible. Elle est moins fréquente que l’itinérance situationnelle, mais elle entraîne de nombreuses interventions et des coûts sociaux importants. »

Itinérance autochtone

Comme bien dans bien d’autres villes, dont Montréal ou Sept-Îles, l’itinérance à Val-d’Or atteint une forte proportion de membres des Premiers Peuples.

« Nous savons qu’avec environ 3% de la population canadienne, les peuples autochtones représentent 10% de la population itinérante du Canada […]. Il y a donc de toute évidence une dimension autochtone à l’itinérance qui s’explique par les conditions particulières vécues par les membres des Premières Nations, des conditions qui ne sont pas seulement d’ordre économique, mais aussi social, politique et culturel : inégalités sociales et économiques, exclusion sociale et tutelle politique combinant dramatiquement leurs effets. » (Mémoire sur le phénomène de l’itinérance chez les Autochtones en milieu urbain du Québec, Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec, 2018, pages 7 et 8)

Pourquoi ces personnes se retrouvent-elles à Val-d’Or plutôt qu’ailleurs?

  • Parce que Val-d’Or est un carrefour de services (éducation, santé et services sociaux, commercial, divertissement, etc.) pour les membres des Premières Nations, et ce depuis plusieurs décennies;
  • Parce que bien des gens à la recherche d’un nouveau départ peuvent trouver ici le soutien de proches ou de membres de leur famille;
  • Parce que Val-d’Or est à la fois assez près et assez loin de leur communauté;
  • Et probablement pour une foule d’autres raisons.

À méditer :

  • Ce ne sont pas toutes les personnes itinérantes qui sont autochtones;
  • Ce ne sont pas tous les membres des Premiers Peuples installés à Val-d’Or qui sont itinérants;
  • Ce ne sont pas toutes les personnes itinérantes membres des Premiers Peuples qui perturbent l’ordre et la quiétude en raison de comportements dérangeants.

La stratégie de l'été 2022

Afin de rendre la fréquentation du centre-ville plus agréable pour tout le monde et de se donner les moyens de mesurer les progrès accomplis, le Comité stratégique en itinérance de Val-d’Or a élaboré une stratégie d’action pour l’été 2022.

Cette stratégie prévoit des actions réparties en 4 axes :

  1. L’intervention de première ligne auprès des personnes itinérantes via le projet Petepan, qui inclut un centre d’intervention mobile (véhicule récréatif de 32 pieds);
  2. La sensibilisation de la population, et une meilleure communication ;
  3. La propreté et la salubrité du milieu;
  4. L’animation culturelle et la vie communautaire au centre-ville.

Pour la consulter, cliquez ici.

Comment contribuer à améliorer la situation?

Voici quelques ressources et pistes d'action :

  • Contribuez à garder notre ville propre.

Évidemment, disposez de vos déchets dans les poubelles, mais aussi, n’hésitez pas à ramasser ceux qui traînent dans les parcs et espaces publics. Bien sûr que c’est fâchant de devoir ramasser pour celles et ceux qui manquent de respect pour l’espace public, mais nous devons, ensemble, briser le cercle vicieux de la négligence et de l’indifférence!

  • Nous sommes tous des ambassadeurs de notre milieu de vie, et nos paroles ont un impact sur la PERCEPTION que nous nous faisons du centre-ville et de la situation de l’itinérance.

Il n’est pas question ici de déformer la réalité pour l’embellir, mais il ne faut pas davantage tout noircir et déprécier parce que ce que l’on voit nous déplaît. Les efforts des partenaires valdoriens pour contrer les effets de l’itinérance sont reconnus à travers le Québec; sans cette collaboration, la situation serait bien pire! Gardons espoir et agissons ensemble : c’est là le meilleur moyen de traverser la tempête ensemble.

  • Signalez tout bris ou acte de vandalisme en téléphonant au 819 824-9613 poste 2247.
  • Si vous êtes témoin d’une situation où un crime a été commis, faites le 911 (s’il y a urgence) ou le *4141 pour joindre directement la répartition de la Sûreté du Québec en région.
  • Si une personne semble en détresse ou aux prises avec des problèmes de santé, si quelqu’un est inconscient sur la voie publique, faites le 911 s’il y a urgence, ou composez le *4141 (sur cellulaire) ou le 825-6161.

Les services offerts aux personnes en situation d'itinérance

De nombreux partenaires viennent en aide aux personnes en situation d’itinérance afin de leur permettre répondre à leurs besoins de base en toute dignité et en toute sécurité.

  • La Piaule : Le centre offre chaque jour des repas à prix minimes à près d’une centaine de personnes. Il offre également un milieu de vie où les gens peuvent entamer certaines démarches pour briser leur isolement social et reprendre le contrôle de leur vie. Enfin, La Piaule offre une trentaine de lits d’hébergement de type « milieu de vie » pour des gens en transition entre la rue et un logement.
  • Le Dortoir et Le Site non traditionnel (SNT) : Ce sont deux sites d’hébergement d’urgence à haut seuil d’acceptabilité (donc où les gens intoxiqués sont aussi accueillis) gérés par La Piaule. Ils se trouvent respectivement au sous-sol de La Piaule et au sous-sol de l’église Saint-Sauveur (déménagement prévu en 2022). Les usagers peuvent y prendre une douche, laver leurs vêtements et y manger un peu.
  • Chez Willie : Lieu de répit pour personnes itinérantes, intoxiquées ou non. Administré par le Centre d’amitié autochtone de Val-d'Or.
  • Poste de police communautaire mixte autochtone (PPCMA) : Formées de patrouilleurs.euses et d’intervenants.es, les équipes du PPCMA font à la fois de la prévention des méfaits, de l’accompagnement vers les services et de l’intervention lors de situations de crise.
  • Cadets policiers : Au nombre de quatre (plutôt que 2 au cours des années passées), ces policières et policiers en devenir sont une présence constante au centre-ville, chaque jour de la semaine. N’ayant pas le pouvoir d’arrestation ou d’émission de constant, ils peuvent tout de même intervenir dans certaines situations, porter secours aux gens qui fréquentent le centre-ville et signaler les situations urgentes ou dangereuses.
  • Clinique TAO et Clinique Pikatemps : La première offre des services aux personnes utilisatrices de drogues par injection; la seconde fait la promotion de comportements sécuritaires en matière d’utilisation de seringues et d’habitudes sexuelles.
  • Dépannage alimentaire : Service du Centre de bénévolat de Val-d'Or consistant en la distribution de denrées en cas d’urgence.
  • Service d’entraide familial : L'organisation offre des vêtements usagés à petits prix.

Le comité stratégique en itinérance de Val-d'Or

Ce comité est formé de représentants de La Piaule de Val-d’Or, de la Sûreté du Québec (poste principal et poste de police communautaire mixte autochtone), du Centre d’amitié autochtone de Val-d'Or, de la Chambre de commerce et de la Ville de Val-d’Or, sous la coordination du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue.

Il a pour mission de mettre en commun les efforts de la communauté afin de :

  • Venir en aide aux personnes en situation d’itinérance, que ce soit pendant qu’elles sont dans la rue ou encore pour s’en sortir.
  • Prévenir l’itinérance.
  • Favoriser la cohabitation harmonieuse à Val-d’Or.

Un plan stratégique de lutte à l’itinérance – c’est-à-dire un plan contenant des actions structurées et reliées entre elles dans le but de changer durablement les choses – sera adopté au courant de l’année 2022. Un tel plan permettra de maximiser les efforts de tout le monde et de se donner des outils pour mesurer les progrès accomplis et les défis qu’il reste à relever.

Quoi dire à mon enfant?

Le fait de croiser des personnes itinérantes peut susciter des questions chez les enfants, voire certaines craintes. Voici quelques pistes de discussion pour faire de ces interrogations une occasion d’apprentissage.

  • Demandez à votre enfant quelles émotions il ressent en voyant ces personnes;
  • Rassurez-le en lui disant que l’itinérance n’est pas une punition, mais plutôt une situation temporaire, le résultat d’une série de malchances dont on peut se relever;
  • Dites-lui que plein de gens travaillent à aider ces personnes à se sortir de cette situation;
  • Dites-lui que ces gens sont surtout dangereux pour eux-mêmes, pas vraiment pour les autres citoyens;
  • Enfin, vous pouvez leur dire qu’il n’est pas nécessaire de donner de l’argent pour aider : un sourire et un « Bonjour! » peut parfois rapporter bien plus aux gens de la rue, soit le sentiment d’exister et de mériter qu’on s’intéresse à eux.

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